« Le royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Luc 17, 21)
« Si tu savais le don de Dieu » (Jean 4, 10)
« Celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11,26)
Jésus a des images merveilleuses. Je vais vous en énoncer quelques-unes dans l'évangile.
Voyez, il compare ce petit coin de paradis, que nous possédons, cette semence, à quelque chose de tout petit à promouvoir: "Voyez la petite graine de figue..." (car c'est une graine de figue, et non une graine de sénevé : le sénevé est une petite herbe qui devient haute comme ça, or dans la parabole il est dit: "cela deviendra un grand arbre où les oiseaux du ciel peuvent venir nicher. Or, vous comprenez, Jésus était quand même intelligent - et comment ! - il ne nous disait pas des bêtises pareilles. Mais cela a été mal traduit au départ, comme "le royaume est au-dedans" et qu'on a toujours gardé. Je ne sais pas à quel moment ces erreurs se sont produites. C'est très important, la traduction, cela change tout.) Par conséquent, le royaume de Dieu est comme une petite graine à promouvoir, qui va devenir un grand arbre, qui de plus en plus est appelé à prendre toute la place et c'est cela, le bonheur de l'homme en marche - et le bonheur plénier!
Il nous dit aussi, sans se creuser la tête : à quoi comparerais-je encore le royaume de Dieu ? Et bien, je le comparerais encore à un peu de ferment qu'une femme... Vous faites toutes ça, vous mettez souvent, je ne sais pas, de la levure dans un peu de farine. (Vous voyez comme Jésus a le sens des réalités, cela s'accroche dans le réel, cela ne flotte pas ! Ces images, accrochées à la vie des hommes..) Eh bien, ainsi notre pâte a besoin de lever sous ce ferment évangélique, sous cette action de Dieu au-dedans de nous, de lever pour notre bonheur et notre bien plénier total. En nous et autour de nous, entre nous !
Il compare aussi ce royaume à quelque chose de très précieux, de très beau : la belle perle. Vous voyez cette belle perle magnifique que le marchand a trouvée. Alors il vend tout le reste, car le reste à côté ne pèse pas lourd. Vous avez certainement encore des gens qui mettent leur argent dans l'achat de perles précieuses ; ça doit être vieux comme l'homme probablement. Une belle perle ...
Il le compare aussi à un trésor, caché dans un champ. L'homme vend tout le reste pour chercher ce trésor, parce que c'est son trésor, c'est notre trésor, le vrai. Par conséquent il est très précieux - on irait au bout du monde pour trouver cela. Eh oui, je crois que j'aurais été au bout du monde à genoux, si j'avais su que cela existait quelque part, cette réponse à ces attentes.
Il prend aussi un autre exemple : voyez cette femme - on n'était pas bien riche à l'époque - elle avait quelques pièces, elle en perd une, et puis elle cherche, elle cherche, et quand elle l’a trouvé ( et c'est cela qui est merveilleux, toutes les paraboles qui parlent de cela se terminent dans la joie ) quand elle l’a trouvé, sa pièce, elle va trouver ses voisines : "allez, venez boire le café avec moi, venez partager la joie avec moi. J'ai retrouvé la pièce que j'avais perdue."
La joie de trouver enfin, enfin !
Il compare aussi à quelque chose de très bon ! Les paraboles sont peuplées de festins, de noces, des repas de noces, car c'est un festin permanent là-dedans, en Dieu. C'est le festin divin permanent et Jésus nous prend l'exemple de ces belles paraboles des invités aux noces, de la robe nuptiale. La robe nuptiale, vous savez, n'est pas autre chose que trouver ainsi au-dedans sa dimension spirituelle qui nous ouvre sur le tout possible par après. La tenue de noces n'est donc pas autre chose que cette dimension spirituelle que Jésus est venu ouvrir et offrir à l'homme de toujours, jusqu'à la fin des temps, pour que l'homme sorte de sa nuit, mais qu'il faut que chacun trouve. Il faut que chacun se retrouve et se recrée en Dieu. Et de cela Jésus est maître et chemin: "Je suis le chemin."
Il y a d'autres paraboles aussi qui traitent à peu près de la même chose. Vous voyez ces invités qui se récusent ? Vous connaissez la parabole : il envoie quelqu'un pour dire à ses invités : "Venez, venez à mon repas." Et puis il y en a un ... (mais on trouve toujours de bonnes raisons, c'est tellement universel, c'est tellement de toujours) …………alors il y en a un qui dit: " Oh, moi, j'ai acheté une maison ; il faut que j'aille la voir. Il faut donc m'excuser auprès de ton maître". L'autre dit: "J'ai acheté une paire de bœufs: il faut bien que j'aille les essayer." Puis l'autre, je ne sais pas trop quoi, mais tout à l'avenant, toujours des bonnes raisons. On trouve toujours des bonnes raisons pour passer à côté. On ne le fait pas toujours exprès d'ailleurs. Parce que vous savez, dans les mirages qui nous sont offerts partout, on prend plutôt l'ombre pour la proie, et les biens qu'on nous offre ne nous sont pas les plus essentiels. On se laisse toujours prendre au piège, on est piégé continuellement.
Il dit aussi que bien peu la trouvent, cette petite porte au-dedans de nous. Il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus.
( Il nous dit aussi cela dans un autre évangile que vous ne connaissez peut-être pas, l'évangile de Thomas… cet évangile qu'on a découvert en 1943 dans des grottes en Haute-Egypte; c'est un évangile qu'on a dit apocryphe. Moi, je l'aime beaucoup parce qu'il confirme tellement de choses des autres quatre évangiles et qu'il vient de confirmer en cette naissance du vingtième siècle un autre chemin par lequel sa parole nous est venue. Alors j'aime beaucoup ; alors on dit qu'il est agnostique, peu importe, pourvu qu'il me parle de celui que j'aime. Le reste m'est absolument égal ! Voyez-vous, il y a eu comme une habitude, on l'avait tellement entendu, finalement, que cela ne fait plus choc, cela ne fait plus 'toc' là-dedans, alors que c’est un petit peu autrement. Immédiatement une autre lecture vous réveille, je dirais, ça vous touche plus directement.)
Il prend deux images dans cet Evangile de Thomas : "Il y en a beaucoup autour du puits, et très peu à l'intérieur" et alors cette autre image merveilleuse - il n'y a que Jésus qui peut trouver cela - "Il y en a beaucoup qui sont au seuil de la chambre nuptiale, il y en a bien peu qui sont à l'intérieur."
Cette audace ! : Chercher le royaume au-dedans de vous. Nous n'avons pas d'autres moyens. Mais pour le chercher il y a quelques conditions : il faut avoir faim et soif de tout son être. Une curiosité intellectuelle ne suffit point. Il faut avoir faim, il faut être creusé jusqu'au fin fond de son être, pour que nous soyons aidés de Lui. Alors là, dans ce creux, avec cette petite porte qui s'ouvre, affluent au-dedans de l'homme tous les ineffables bienfaits de Dieu. C'est là qu'on découvre qu'Il est le bien de l'homme, l'ineffable, l'inaltérable bien de l'homme.
Et alors, Dieu, le Dieu qu'on va découvrir, DEUXIEME CLE pour l'homme, c'est que ce Dieu est expérience et Il est Père. Deuxième grande révélation de Jésus, le Dieu qu'on découvre dans le fond de soi-même, au niveau de l'être ici, dans le creux, pas dans la tête… (parce que cela déforme tout, cela dessèche tout, cela bousille tout, même ce qui est entre nous. La raison en ça est une folle ; bien sûr elle est nécessaire pour faire de la science, pour faire de la technique elle est utile. Ce n'est pas cela, je ne suis pas contre son activité, mais ne nous servons pas d'elle pour chercher ce pour quoi elle n'est pas faite, c'est la pire fausse piste que l'homme ait trouvée, pour trouver cette réponse à ce que je suis, à ce pourquoi je suis là, pourquoi la souffrance, pourquoi la mort. Ca nous concerne quand même tous et chacun et tous ceux qu'on aime. Ça a quand même un sens profond. Et pourquoi s'aimer ? Pourquoi donner la vie, si cette vie finit comme ça, comme un chien dans un trou ? Et c'est devant de telles questions qu'on nous a rendues insolubles, mêmes dans les religions, que l'homme accède au désespoir et va marcher sur la tête, si cela continue… Parce que les réponses ne peuvent pas être des réponses théoriques, c'est à dire, avec ça (le cerveau), même si ces réponses sont apparemment justes, elles sont fausses. )
Ce ne sont que par les choses vécues, continuellement créées et recréées du dedans par des vivants, et retransmises par des témoins que le christianisme a pu se transmettre.
Le christianisme, je ne veux pas dire que c'est une matière vivante, parce que c’est tellement plus que cela, c'est un message tellement universel qu'on ne peut transmettre que d'homme à homme, que de vivant à vivant. Par conséquent il ne souffre pas le répété, l'enseigné, le baratiné avec la raison, mais le vécu et le témoigné, continuellement recréé du dedans. C'est comme ça qu'il est capable d’apporter à l'homme de tous les temps, toujours, jusqu'à la fin des temps, ce dont l'homme a besoin.
Ce sont les bergers qui manquent, ces maîtres à vivre, qui manquent à l'humanité et au christianisme lui-même, qui est en train de mourir d'idéologie. Je suis bien placé pour vous en parler.
Le message de l'évangile est beaucoup plus actuel que jamais. Il est de toujours, il est d'un universalisme tel aux réponses de l'homme….. jamais nous n'en verrons le bout et la fin, jamais nul homme n'épuisera le contenu absolu extraordinaire. Mais il faut ouvrir son être et cette petite porte. Il faut que chacun le fasse, personne ne peut le faire pour soi.
Mais si nous n'avons pas déjà un aîné qui, lui, s'y tient là-dedans et est capable de nous y introduire !… Pour cette naissance il faut un accoucheur, pour passer cette porte. Il faut renaître: "si tu ne renais à nouveau, tu n'entreras pas dans ce royaume", dans ce paradis au-dedans. Et pour cela il faut quelqu'un qui y vive et s'y tienne, pour nous y introduire nous-mêmes, pour rendre possible ce passage, afin de nous faire toucher au-dedans de nous une autre réalité infiniment plus universelle et de rendre par conséquent cette expérience de Dieu possible à tout instant. Et c'est ce que Jésus a fait. .
Et alors cette TROISIEME CLE: c'est que ce Dieu qu'on va découvrir là-dedans, Il ne ressemble en rien à celui dont on nous a bourré le crâne. C'est ce Père, qui enfin va pouvoir nous atteindre, car Lui est là, en attente, vous voyez, comme dans la petite phrase de l'apocalypse. Il frappe là enfin, ça va bien s'ouvrir, ça s'ouvrira bien un jour… Par conséquent qu'on rende possible cette action de Dieu au-dedans de nous, alors Dieu y attend, prêt à déverser, car Dieu, c'est Tout, prêt à déverser Ses ineffables bienfaits dans la personne humaine. Car Dieu n'est que bienfait dans l'homme.
Et alors là c'est la profusion, c'est l'homme qui trouve sa véritable mission, sa véritable dimension d'homme. Tout en lui est comblé à la démesure de Dieu. Car la démesure de Dieu est la mesure de l'homme, et la seule!
Ce Dieu est expérience. Dieu se fait réponse expérimentale aux aspirations, aux besoins, à ces mouvances profondes qui sont universelles dans la personne humaine.
Et c'est là qu'on découvre, pas à pas, chacun pour soi ce merveilleux visage de la paternelle tendresse de Dieu. Et ce visage, Jésus en est la révélation. Je pense que c'est le seul dans l'histoire humaine et dans l'histoire des religions qui nous ait ainsi révélé ce visage. Mais pour nous le révéler, il a fallu qu'il le vive, et qu'il le vive à travers sa propre humanité, qu'il le découvre pour nous. Et ainsi, maintenant, nous pouvons, à notre tour, bénéficier de ce déversement divin dans la personne humaine.
C'est ce visage extraordinaire de Dieu que Jésus, petit à petit, nous révèle. Ça aussi est dans les paraboles. Voyez-vous, dans l'évangile, à tout instant, il se réfère au Père et il nous parle du Père. Et finalement il n'en dit pas grand-chose. Et pour cause ! Le langage humain ne peut pas capter Dieu et Le dire en lui-même. Il restera toujours hors de notre prise. Par conséquent, il nous en parle toujours, mais finalement il nous dit peu de chose de ce Père.
Je voudrais vous montrer un petit peu, à travers de ce que nous savons de Lui, de ce que les évangiles ont gardé de lui, de son itinéraire intérieur, les grandes étapes de sa prise de conscience de cette paternité de Dieu au-dedans de lui.
Quand Jésus a fait sa fugue à douze ans, quand il est allé au temple, c'est qu'il avait faim et soif de Dieu. Pourquoi voulez-vous qu'il ait fait cela?
Donc Jésus là a été au temple parce qu'il avait faim et soif de Dieu. C'est là que ses parents l'ont trouvé . Jésus savait bien ce qu'il faisait ; à douze ans on est déjà intelligent (et en particulier Jésus). Il avait faim et soif de Dieu comme tout homme. Ses parents n'étaient pas contents, vous comprenez. Ils ont rebroussé chemin, ils ont demandé en route: "N'avez-vous pas vu un petit comme ça ?" Non, pas de petit, pas de Jésus nulle part ! Mettez-vous un peu à leur place ! Puis finalement ils le trouvent là au milieu des docteurs en train de les questionner à propos de cette recherche de Dieu.
Il faut que notre vie spirituelle, notre vie en Dieu, notre vie humaine tout entière se réfère continuellement, s'enracine, se greffe dans la personne, dans l'humanité même de Jésus. Sans quoi c'est foutu, ça flotte entre ciel et terre, et ça ne peut plus prendre racine, s'incarner dans la personne humaine, donc se faire réponse.
Dans l'évangile, il est beaucoup plus dit et suggéré entre les lignes - c'est un murmure, l'évangile, qui se murmure au cœur de chacun, continuellement à redécouvrir et à recréer : "bienheureux qui écoutent ma parole et la gardent".
Meilleurs vœux bien sincères à chacun pour la nouvelle année 2010 et bonne santé.
Une messe aura lieu le SAMEDI 29 MAI 2010, à 11H00, en l’église du Donzeil.
Cette célébration sera suivie comme à l’accoutumée d’une Assemblée Générale de notre Association. Merci de retenir dès à présent cette date.