« Le royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Luc 17, 21)
« Si tu savais le don de Dieu » (Jean 4, 10)
« Celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11,26)
L’homme , pour se trouver, grandir, et atteindre une nouvelle qualité d’être qui le branche sur Dieu a besoin d’un aîné, d’un Père selon l’esprit dont le témoignage rayonnant – présence et qualité d’être plus que discours ou action – lui permet d’accéder en lui-même aux zones qui touchent et expérimentent l’action divine. La paternité spirituelle exclut toute main mise, toute domination, toute persuasion, toute directive : elle offre, elle s’offre, elle propose dans l’entière liberté ce qu’elle est, en partage. Ce ferment jeté dans l’autre fait lever sa pâte en attente ; la petite graine, longtemps enfouie comme morte va soudain se libérer et devenir « le grand arbre où les oiseaux du ciel viennent faire leur nid ». L’arbre est donc de la terre dont il est issu mais il est aussi du semeur : il y aura donc entre le père et son ( ses) fils spirituel(s) une concordance qui n’est pas copie, une ressemblance qui n’est pas similitude, un même regard qui n’est pas identique sur les réalités humaines et les réalités divines : c’est la communion.
Aussi quand ce père selon l’esprit parlera , ce sera pour dire la parole juste que son fils attend, parole qui est un véritable pain de vie, une trouée de lumière, une eau vive. Arrachée par la soif de l’autre, elle jaillit sans préparation systématique, à la fois créée et inspirée mais aussitôt dite, elle est oubliée par son auteur et enfouie dans le cœur silencieux de celui qui l’a accueillie en attendant d’y germer. C’est pour le « fils » comme s’il allait à la rencontre de sa propre pensée, comme si les mots dits il les reconnaissait siens sans les avoir prononcés, comme s’il était révélé à lui même.
La lignée spirituelle du christianisme prend sa source dans la Paternité unique et universelle de Jésus.
La Paternité est essentielle pour une renaissance spirituelle. Dieu se donne à l’homme par le témoignage d’autres hommes ; il a voulu qu’à la suite de son propre fils Jésus ce soit un vivant qui engendre d’autres vivants à Sa vie en surabondance. Au long des temps, Dieu prend consistance humaine dans des disciples de Jésus qui poursuivent sa propre œuvre d’évangélisation.
(A suivre dans le prochain bulletin)
Nous vous faisons part maintenant d’un enregistrement de rencontre avec un groupe chez Frédo Bourdier, datant d’octobre 1981 . Nous devons la retranscription de cet enregistrement à Willy Kinable, maintenant décédé.
Pour moi, mon chemin, c’est le chemin chrétien. Je suis disciple de mon maître de Nazareth. Petit à petit, au fur et à mesure que je suis allé voir M Légaut pendant plusieurs années, chaque fois, dix, quinze jours, il a ouvert la porte de mon être sur cette vie intime d’union à Dieu. Et c’est là que j’ai tout trouvé, tout et bien plus ! Car cette faim, cette soif profonde est faite pour être comblée. (…)
C’est à travers l’humain en nous, le plus humain, que nous accédons continuellement à cette rencontre, à cette fusion, à cette recherche de Dieu au dedans de nous.
Par conséquent, au fur et à mesure où je m’éveillais, où M Légaut m’initiait à cette part de moi même, s’ouvrait à moi un monde absolument nouveau. J’ai appris à regarder, à voir, à contempler toute chose avec un regard nouveau, avec ce regard du dedans, qui est semé en tout homme. Et particulièrement, j’ai appris à regarder le monde à travers l’Evangile. Je n’ai plus qu’un maître, bien sûr j’ai M Légaut qui pour l’éternité m’a engendré à cette vie. Mais je n’ai qu’un maître à proprement parler, c’est Jésus de Nazareth.
Alors il m’a été donné de découvrir certaines clés de l’Evangile. Et ces clés pour l’Evangile, ce sont des clés pour l’homme.
La première clé ( qui la plupart du temps est mal traduite, par conséquent on ne peut pas comprendre) , c’est en Luc 21 : On lui demande : « où faut-il chercher ?
Eh bien, Dieu n’est ni ici, ni là, sachez le bien, il est au dedans de vous. »
Mais au dedans de vous, pas collectivement. (…..) Tout homme porte en lui la semence au dedans de lui. Nous portons au dedans de nous la source la plus merveilleuse qui puisse être, où tout peut être comblé. Et si peu trouvent la clé ! Et la réponse est donnée dans l’ Evangile : Jésus est le chemin. C’est lui par conséquent qui peut nous ouvrir toutes les portes. Et la première c’est celle là. Par conséquent, sachez le, le Royaume de Dieu, c’est à dire l’habitation, le jardin, la maison, la résidence, est au dedans de vous . Tout homme possède en lui, cette présence merveilleuse.
Seulement voilà ! ( Et Jésus a des termes magnifiques pour parler de cela) ……..d’abord il dit que la porte est étroite et que bien peu la trouvent. « Il y a beaucoup d’appelés, il y a peu d’élus ». Il faut être petit, vous savez, pour entrer là dedans. Il y a des expressions dans l’Evangile où il parle de cette image un peu terrible : « Il est plus difficile pour un riche d’entrer dans le Royaume que pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille » . Mais attention ! Il ne s’agit pas d’avoir une maison ou n’importe quoi ! Nous pouvons être fort riches d’avoirs intellectuels par exemple, ou d’avoirs religieux, qui sont encore pires !
Jésus va passer sa vie à sa bagarrer contre les avoirs religieux des Pharisiens de son temps. Etre riche, ce n’est pas seulement question d’avoir ceci ou cela. D’ailleurs il n’y a plus de distinction de cet ordre artificiel entre les êtres qui s’ouvrent et qui sont appelés.
Seulement ce qui manque, ce sont les bergers. Jésus avait pitié de ces brebis sans bergers autour de lui.
Par conséquent, il faut se faire petit. Il y revient dans ses Béatitudes « Bienheureux ceux qui auront un cœur de petit »
Il doit donc y avoir là aussi une autre clé pour passer cette petite porte, pour renaître. « Si tu ne renais de nouveau, tu n’entreras pas dans ce Royaume qui est au dedans de toi ».Parce que c’est une renaissance totale. Il faut que tout homme passe par là. Notre être doit renaître à partir de ce petit centre au dedans, où l’homme et Dieu se joignent en chacun de nous. C’est là ! et il y est ! Dieu est en chaque homme. Seulement depuis notre enfance nous avons accumulé là dessus tellement de bruits, d’agitation, d’intellectualisation, de personnages ! Vous savez, c’est comme des strates dans la géologie, qui se cumulent là à la surface de la terre depuis des millénaires. Chez nous, c’est pareil. Tout cela fait qu’Il ne peut pas exercer son action bienfaisante dans la personne humaine. (…)
Dieu ne peut rien dans la personne humaine sans notre adhésion, sans notre libre vouloir. (…) Comme c’est dit dans l’Apocalypse, cette magnifique petite phrase définit infiniment, tellement bien, cette impuissance de Dieu en face de la liberté humaine : « Voilà que Je me tiens à la porte et Je frappe inlassablement ; Si quelqu’un écoute ma voix, J’entrerai chez lui pour souper, lui près de Moi, et Moi près de lui ».Voilà l’attitude de Dieu au cœur de l’homme.
Mais alors, si l’on s’ouvre un peu, alors, là, vous comprenez, toutes les aspirations profondes, toute cette faim et cette soif que j’avais, dont je mourrais, peuvent être comblées ! Alors on débouche sur l’infini ! On est plus que comblé, plus que saturé.
Dieu est le Bien de l’homme ! Mais celui du dedans ! (….) Dieu, personne ne le trouvera dans des idées, des idéologies. Dieu se cherche au dedans, au cœur de soi même.
Lors de la messe au Donzeil, le samedi 6 juin 2009, Bernard Leclercq, notre Président, diacre, nous a partagé cette homélie. Certains d’entre nous seront heureux d’en retrouver le contenu.
Bien chers amis,
Paul nous dit dans le passage de la lettre aux Romains que nous avons entendu : « Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux là sont fils de Dieu » et encore, « C’est l’Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ».
Arrêtons-nous quelques instants sur ces deux phrases pour les goûter, les savourer, nous les faire nôtres. Les fils de Dieu sont ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu. C’est exactement ce que Jésus a vécu dans sa vie d’homme, il y a deux mille ans, en Palestine. Vous savez à quel point il s’est laissé conduire par l’Esprit. Après son baptême dans le Jourdain, par exemple, Jésus est allé quarante jours dans le désert, et là il s’est mis à l’écoute de Dieu, qu’il appelle son Père, il s’est mis à l’écoute de l’Esprit (plus tard il dira qu’il s’agit d’adorer en esprit et en vérité !…). Donc la vie spirituelle de Jésus s’épanouit dans la rencontre silencieuse du désert, ou quand on le voit prier à l’écart dans la montagne… La vie spirituelle de Jésus s’épanouit dans le cœur à cœur avec son Père (ne savez-vous pas que je suis aux affaires de mon Père !…). Et ce cœur à cœur, c’est ce que Paul appelle « l’Esprit à esprit » quand il dit : « C’est l’Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ». Tout comme Jésus, notre frère et bien aimé maître, nous sommes des êtres pleinement humains, enracinés dans les réalités terrestres quotidiennes, les contingences et le tourbillon de notre monde contemporain, mais, dans le même temps, nous sommes des êtres spirituels, appelés au plus profond de nos personnes à nous tourner vers le Père, à nous « élever », et la « réalité » de la résurrection, de l’ascension et de la pentecôte, c’est celle-là même ; c’est dans la mesure où nous élevons notre esprit, et la totalité de nos êtres vers le Père de tendresse, présent au plus profond de chacun de nous que nous pouvons goûter la plénitude de vie en Dieu, percevoir la vérité toute entière, dans une liberté inouïe, dans la beauté, l’ineffable, le divin. Oui, Frédo le répétait, nous sommes faits pour être « les bienheureux de Dieu », ses enfants, dans « l’union au Père » qui donne sens, dans la communion entre nous ; cette communion qui vient comme un fruit embellir nos vies, et nos vies qui doivent « maintenant » ressusciter, c'est-à-dire s’épanouir dans l’Esprit de Jésus, qui est l’Esprit du Père. Jésus disait à quel point il ne faisait qu’un avec son Père. Nous sommes appelés à la même union, la même intimité, la même profondeur d’être, la même complétude, la même plénitude !
Chacun de nous aujourd’hui doit alors s’interroger : croyons-nous vraiment en la résurrection ? La mort de Jésus est un fait historique incontestable. La résurrection, c’est autre chose ; elle engage notre foi à partir du témoignage des apôtres. Or dans le livre des Actes des apôtres que lit-on ? Au chapitre 10 : « Voici que Dieu a ressuscité Jésus le troisième jour. Il lui a donné de se montrer non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisi d’avance… Il nous a chargés de témoigner… ». Au chapitre 13 : « Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts. Il est apparu pendant plusieurs jours à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple. Et nous, nous vous annonçons cette Bonne Nouvelle : la promesse que Dieu avait faite à nos pères, il l’a entièrement accomplie pour nous, leurs enfants, en ressuscitant Jésus ». Alors ! Comprenons bien, le corps ressuscité de Jésus est le « signe » de la Résurrection ; ne nous arrêtons pas au signe, le « signe » n’est pas là pour lui-même ; il nous renvoie à ce qu’il « signi-fie » ; la Résurrection, c’est bien plus, si je peux dire ; la Résurrection, c’est la Présence et l’Action vivifiante de l’Esprit en chacun, c’est la présence réelle de Jésus, de son Esprit, de sa vie, en nous. Les disciples d’Emmaüs ont fait, les premiers, cette expérience forte et extra-ordinaire. « L’apparition de Jésus ressuscité » et « l’apparence de sa présence dans le pain et le vin », n’avez-vous pas remarqué que c’est la même chose, c’est le même mot : apparition, apparence.
Tout est là, mes amis, le Père fait de nous ses enfants. Le Père voit toute l’humanité dans Jésus, son Fils. Participer à la Résurrection, c’est participer à la vie divine : connaître Jésus, participer à l’intimité même de Dieu, partager réellement l’intimité de Jésus avec son Père. Nous sommes invités à être participants à cette vie divine. De parler de Trinité n’a de sens que si nous percevons à quel point nous sommes conviés à vivre au cœur de cette famille divine.
Seigneur-Jésus, tu es rentré dans l’histoire de l’humanité que tu as partagée pleinement
Nous rappelons ta vie, ton enseignement, ta mort.
Nous célébrons aujourd’hui encore ta Résurrection.
Nous te rendons grâce pour ta Présence et la plénitude de ton Amour en chacun,
pour tous tes bienfaits au cœur de l’homme, pour la surabondance de tes dons…
Tu nous invites à partager ton intimité avec le Père dans un même Esprit.
Par ton Esprit en nous, fortifie nos vies spirituelles.
Le passage de l’Evangile de Matthieu que nous avons écouté aujourd’hui, c’est la fin de son livre et c’est par là que je terminerai également.
« Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps »
Amen
Savez-vous qui était Frédo Bourdier ?
Il y a cinq ans déjà nous quittait, à l’âge de 80 ans, Frédo Bourdier, prêtre paysan au Donzeil (Creuse). Mais qui était donc ce personnage hors du commun qui a eu un tel rayonnement dans la région, et bien au-delà d’ailleurs ?
Né à Javerdat (Haute-Vienne) en 1923, il parlait d’Oradour-sur-Glane, distant de cinq kilomètres, avec beaucoup d’émotion. Ses parents étaient paysans, il était l’aîné de trois enfants. Le jeune Alfred – on ne parlait pas encore de « Frédo » - devient soutien de famille après la mobilisation de son père. Il travaillera la terre jusqu’à l’âge de vingt ans.
A son retour du service militaire, il ressent le besoin de trouver un sens à son existence. C’est tardivement que la vocation de prêtre lui est venue car il a longtemps cherché sa voie. « Le monde est folie s’il n’y a pas un sens à la vie, à la mort, à l’amour, et puis… nous sommes tous appelés au bonheur ! ». Il sera donc prêtre ouvrier de la Mission de France.
Le 3 juillet 1953 il arrive dans son futur secteur paroissial. Frédo s’est toujours fait une règle de vivre de son travail. Cette détermination scrupuleusement respectée n’a pas été étrangère à sa popularité dans une région où de tout temps il a fallu donner beaucoup de soi même pour subsister. Il a travaillé dur comme « garçon de ferme », aide-maçon, aide-couvreur, bûcheron à la tâche, chauffeur de car de ramassage scolaire. Les vibrations des premières et lourdes tronçonneuses ont été préjudiciables à sa santé ; il avait une solide corpulence, de larges mains, mais sa santé a été entamée par tous ces travaux paysans !
« Y avait-il un mariage à célébrer, un baptême, un enterrement pour lesquels on le réclamait, il interrompait son labeur pour remplir son devoir de prêtre. Progressivement on a compris la double exigence de sa vie qu’impliquaient son engagement d’homme et son engagement religieux ».
Mais c’est surtout sa forte présence et son rayonnement spirituel qui ont fait sa renommée. Les gens se rendaient bien compte qu’au-delà des rites et des célébrations de la religion catholique, il y avait une dimension spirituelle et intérieure essentielle qui le caractérisait et surtout l’animait au plus profond.
A l’occasion de ses obsèques, le 22 juin 2004, Victor Souche, un de ses amis, lui rendra hommage avec des mots très révélateurs de ce qu’il était vraiment pour chacun :
Nous voici rassemblés autour de toi aujourd’hui !
Toi le fils de la terre limousine, qui, poussé par un appel intérieur,
es venu il y a cinquante ans,
partager dans un élan fraternel la vie des hommes et des femmes de ce pays creusois…
… Tu as pu cheminer avec tous ceux qui autour de toi accomplissaient leur tâche journalière.
Ensemble, vous avez creusé le sillon de l’amitié.
Et je ne doute pas que tous ceux qui t’ont ainsi approché
Ont puisé en toi de la force et du courage et que beaucoup ont trouvé auprès de toi
Une lumière qui les a aidés à conduire leur vie.
Frédo, tu avais conscience de la grandeur des êtres humains et tu aurais voulu que chacun puisse développer toutes les richesses qui étaient en lui !
L’amour qui t’habitait prenait sa source dans une générosité peu ordinaire.
Mais aussi parce que tu t’étais reconnu dans la démarche d’un fils de la terre de Palestine, qui à travers le temps et l’espace a appelé les hommes de tous les temps et de tous les pays
A vivre en plénitude et à aimer.
Et je me dis qu’à ce moment-ci, il me plait d’imaginer que Frédo, aimerait nous transmettre ces quelques mots pour dire tout bas à chacun de nous :
Jésus marchait tout droit sur son chemin, et il disait :
Aimez-vous donc les uns les autres,
Debout les humbles, les opprimés,
Les pacifiques, et les paumés !
Réveillez-vous ! Et soyez des hommes et des femmes libres et joyeux !
Pendant les périodes de congés scolaires, de fidèles amis, certains depuis 1973, venaient régulièrement des quatre coins de France et de Belgique, de Marseille à Bruxelles, écouter son « enseignement », son témoignage de vie spirituelle évangélique. N’avait-il pas écrit deux ouvrages :
« Chemin de vie », aux éditions du Centurion, (maintenant épuisé, mais disponible sur le site www.lesamisdefredo.com) et « La hache et le missel », aux éditions Verso.
Le 18 juin 2005 a été créée l'association « Les Amis de Frédo Bourdier » suivant ses propres vœux.
Cette association a pour objet, sans but lucratif d'aucune sorte, la conservation, la publication, la diffusion et la protection des pensées, écrits et paroles spirituels d'Alfred Bourdier dit Frédo, prêtre ouvrier en Limousin.
Mais Frédo était aussi un fervent défenseur du patrimoine architectural constitué par les superbes églises romanes où il célébrait, parmi lesquelles Chamberaud, Ars, Fransèches, Saint-George-la-Pouge, le Donzeil… Il a contacté inlassablement les élus, les beaux-arts, les artisans du coin pour sauver ces magnifiques trésors creusois. Il ne demandait rien pour les célébrations de baptêmes, mariages et enterrements, mais tous ce que les gens lui donnaient était intégralement mis dans ce qu’il appelait « la caisse de ses églises » pour leur restauration et leur entretien ! Sœur Véronique, religieuse qui l’a accompagné et assisté pendant de nombreuses années, peut en témoigner.
Frédo avait encore un grand sens artistique car il était amoureux du beau, du bon, du vrai. Pendant son temps de retraite, à partir de 1963, en mélomane attentif, il a pu écouter et apprécier Mozart, Haendel et Beethoven… Il se plaisait également à admirer les œuvres peintes ou sculptées dans les livres d’art ; il appréciait particulièrement les tapisseries d’Aubusson. Bref, tout ce qui touchait à la beauté et à l’art le séduisait.
En bûcheron qu’il était, avec ce rapport particulier à la nature, il ne pouvait pas être insensible à la splendeur des paysages, mais il était surtout en extase devant les dimensions incommensurables de l’univers, les galaxies, les trous noirs…Il était abonné à des revues traitant de l’espace !
Voilà donc, en quelques mots, qui était ce Frédo, prêtre et bûcheron en Limousin, qui reste bien présent au cœur de beaucoup et qui continue, au-delà de sa mort, d’appeler à suivre « le petit chemin des bienheureux de son Maître de Nazareth ».
Bernard Leclercq, Président de l’Association « Les amis de Frédo Bourdier ».