« Le royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Luc 17, 21)
« Si tu savais le don de Dieu » (Jean 4, 10)
« Celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11,26)
« Si nous ne voulons pas être des copistes, des perroquets, ni des magnétophones- dans les arts, la religion, et tout ordre de connaissance, il nous faut tout réapprendre de l’intérieur. La connaissance n’est plus alors un avoir, une propriété, mais elle jaillit spontanément de l’être profond et nu. Alors seulement ce qu’on dit et ce qu’on fait est inédit, créateur, vivifiant et digne de l’homme. On atteint à l’universel. »
Frédo Bourdier
Nous poursuivons la lecture concernant l’annonciation spirituelle, en puisant dans un texte écrit par le Père Frédo et retrouvé dans un classeur, et un passage de « La hache et la missel » ( pages 69-70)
L’annonciation spirituelle se situe en un point tellement central de l’être qu’aucun recul ne permet de l’appréhender. C’est une réalité irréductible à l’intelligence spéculative à laquelle elle reste étrangère mais qui s’enracine dans l’instinct et la sensibilité ; elle concerne tout l’homme dont les sens sont à la fois affinés et comblés, dont l’esprit est illuminé, dont le cœur est embrasé, dont tout l’être est parcouru d’ondes bienfaisantes par la première rencontre éblouissante et fugitive de Dieu. ( texte classeur)
Seulement, après l’éblouissement de l’annonciation, quand l’homme guette dans une espérance attentive un nouveau signe de Dieu, la présence même lointaine d’un aîné, d’un spirituel qui a lui même traversé le désert, s’avère indispensable. Cette présence légère soutiendra la persévérance du fils sans rompre sa solitude . Elle sera suffisamment discrète, pour que dans le silence jusqu’à ce que son être soit rénové, il pose un regard nouveau sur les réalités de l’homme et de Dieu. Autrement, si les délais, si les exigences de solitude et de silence ( de parole et d’écrit) sont escamotés , la renaissance aperçue fait long feu, la graine meurt dans les épines du chemin. Car derrière la cloison étanche des avoirs, des personnages et des idoles Dieu attend, silencieux et patient, une lézarde pour faire à nouveau irruption dans l’homme.
Jusqu’à présent il a, en un éclair, touché le centre de l’âme en irradiant sa part spirituelle. Le souvenir de cette rencontre ineffable va persister, inoubliable et appelant, dans l‘homme dont le meilleur aura été à jamais embrasé par cette rencontre ineffaçable. Mais pour que Dieu puisse envahir l’homme, encore faut-il que celui-ci s’oriente patiemment vers lui et s’offre ; car ce n’est pas Dieu qui se refuse, c’est nous qui opposons à son action incandescente les obstacles des fausses apparences et des faux moi ; Lui est continuellement toute offrande et tout don de lui même ; l’obstacle est en nous en raison de notre opacité, pas en Lui.
Quand au terme d’une longue nuit obscure, l’homme n’est plus qu’une disponibilité sans aucun préjugé, il est tout offert à l’intime présence active de Dieu qui pétrit en quelque sorte ce vide, qui comble cette disponibilité, qui modèle cette attention pour en faire jaillir non une pensée conceptuelle mais l’intuition créatrice qui l’établira dans l’authenticité. Même si pour un temps encore sa pensée n’est pas formulée, elle le sera le plus souvent bien plus tard, après la traversée silencieuse et ignorante de nombreuses nuits.
Le développement de la vie spirituelle reposant sur l’expérience initiale, va, en fait, parcourir une trajectoire ascendante qui, d’expériences en expériences, séparées par des temps obscurs apparemment stériles, acheminera l’homme vers la perfection : c’est la nuit semée d’étoiles ! « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de perfection » ( Mat 5/ 6)
Cette « nuit semée d’étoiles » évoque le titre d’un livre célèbre de Thomas Merton.
Aussi, nous vous proposons un poème de ce moine cistercien :
Seigneur, mon Dieu,
je ne sais pas où je vais,
je ne vois pas la route devant moi,
je ne peux pas prévoir avec certitude où elle aboutira.
Je ne me connais pas vraiment moi-même
et, si je crois sincèrement suivre ta volonté,
cela ne veut pas dire que je m'y conforme.
Je crois cependant que mon désir de te plaire te plaît.
J'espère avoir ce désir au cœur en tout ce que je fais,
et ne jamais rien faire à l'avenir sans ce désir.
En agissant ainsi
je sais que tu me conduiras sur la bonne route,
même si je ne la connais pas moi-même.
Je te ferai donc toujours confiance.
même quand j'aurai l'impression que je me suis perdu
et que je marche à l'ombre de la mort.
Je n'aurai nulle crainte car tu es toujours avec moi
et jamais tu ne me laisseras seul dans le péril.
Thomas Merton (moine cistercien 1915-1968)
L’action de Dieu monte du plus profond et du plus total de l’homme ; quel que soit son état intérieur, elle est toujours appelante et agissante dans le sens du bien, du beau et du vrai. Cette sourde activité bénéfique d’un Autre traverse la totalité de l’homme. Il ne peut la regarder de l’extérieur, il la saisit dans la prise de conscience qui le fait être ; elle est à la fois dynamisme et calme, « mouvement et repos » (Thomas) ; elle est de l’homme et de l’au delà de l’homme ; il ne peut en voir l’origine, mais en saisir les effets transformants dans tout son être. Toutes les touches de Dieu dans l’homme, apparemment semblables, sont toujours neuves, toujours surprenantes, elles étanchent sa soif de vie mais elles l’altèrent toujours un peu plus. Elles sont une lumière qui éblouit, un brasier qui consume ; c’est le tracé aveuglant de l’éclair ou la caresse subtile de l’âme par une brise légère. Tantôt c’est une irradiation, tantôt un embrasement, tantôt une paix heureuse ou une fine joie, une intensité de vie et d’être, un affleurement de vérité, une prise de conscience de liberté souveraine.
( Extraits du livre de Frédo Bourdier : « la hache et le missel » pages 69,70 .)
Quelques lignes extraites de feuillets rédigés par le Père Frédo, parlant du Rayonnement :
La vie de l’être est appel. C’est un foyer incandescent de rayonnement.
Le vivant appelle à la vie.
Comme dit Monsieur Marcel Légaut, : « il faut faire le passage de la paternité d’autorité à la paternité d’appel ».
Ce qui compte, c’est moins la quantité de temps passé avec quelqu’un que l’intensité de présence.
C’est en atteignant l’homme dans ses racines qu’il faut l’interroger sur Dieu.
Les souffrances et les épreuves de toutes sortes, quand elles sont acceptées dans la dignité et la fidélité à sa propre recherche, ont creusé certaines personnes, hors de notre foi, les faisant ainsi vivre dans la vérité et la pauvreté de cœur. Elles sont ainsi établies dans la longueur d’ondes qui les rend aptes à recevoir le témoignage respectueux du croyant. Ils pourront ainsi donner un nom et un visage à Celui qu’ils avaient rencontré sans le connaître et sans le savoir.
Dans la vie d’une personne quelle qu’elle soit , il est des moments privilégiés ( souffrance, deuils, malheur, amour) qui les laissent intérieurement dans l’attitude d’accueil du pauvre. Ce sont durant ces moments là de grande disponibilité intérieure qu’ils sont tout particulièrement disponibles à la grâce.
La simplicité de l’expression est fruit d’un dépouillement intérieur, d’une simplification authentique et non de l’agencement des mots : elle est spontanée et non recherchée.
Nous ne projetterons sur les autres que la part de lumière que nous aurons réussi à accepter.
Nous ne communiquerons que la part de vie que nous avons reçue.
Une messe aura lieu le samedi 6 juin 2009, à 11H00, en l’église du Donzeil.
Cette célébration sera suivie comme à l’accoutumée du verre de l’amitié et de l’Assemblée Générale de notre Association.
Merci de retenir dès à présent cette date.
Nous vous informons que le site internet de l’association est accessible depuis le mois d’octobre 2008. Son titre est :
« Frédo Bourdier en Limousin, chemin spirituel à la lumière de l’Evangile ».
Adresse internet du site : http://lesamisdefredo.com/
Nous avons eu l’autorisation de l’éditeur de publier en ligne le livre de Frédo : « Chemin de vie » qui est sorti en 1972 et qui est épuisé.
Un grand merci à Alain Barrussaud qui a numérisé ce livre.
Par ailleurs, le Siège social de notre Association a été transféré, comme convenu, au 14 rue de Chantereine, 51140 Trigny, selon la Déclaration du 13 janvier 2009 à la Sous-Préfecture de Reims. Publication au J.O. du 31 janvier 2009.