REFLEXIONS ET PENSEES SPIRITUELLES
« LA VIE DE L’ESPRIT » (suite)
Frédo a mis par écrit de nombreuses réflexions et pensées spirituelles que nous avons retrouvées dans des carnets datés des années 1963 à 1968 et qu’il a reprises par la suite. Dans la présente lettre nous continuons de les proposer à votre méditation.
La Rédaction
L’Eucharistie est la nourriture par excellence de la vie nouvelle.
« Parce que c’est son corps, celui qui mange de ce pain n’aura plus jamais faim »,
« Mon corps est une vraie nourriture »
« Nous vivrons en lui et nous ferons en lui notre demeure »
« Celui qui garde ma parole » ……se transforme chez lui en vie nouvelle.
« Tout est au Christ, le Christ est à nous, tout est à nous »
Quand on n’a rien, on possède tout.
« Les rivages où l’amour de Dieu nous entraîne sont imprévisibles, multiformes et peuplés de merveilles insoupçonnées. »
« Ne te préoccupe pas de ce que tu vas dire » . « Le veilleur » dans sa fidèle présence à Dieu trouve spontanément les mots de l’échange : c’est le témoignage.
La vie spirituelle est comme la graine de figue…..qui devient un grand arbre. ( cf. toutes les paraboles du Royaume)
On n’est jamais pleinement fidèle à sa volonté mais on essaie toujours dans l’espoir de le devenir, sachant qu’on ne le sera jamais parfaitement.
Nous sommes des « bancs d’essai »
« Elle est étroite la porte et resserrée la route qui mène à la vie, il en est peu qui la trouvent »
Le faux « je » de l’égocentrisme doit mourir. C’est alors le Christ qui prend le pouvoir, « mais mon fardeau est doux et mon joug léger ». Ou comme dit Paul « ce n’est plus moi qui vis mais le Christ qui vit en moi ». C’est la vraie liberté ou la volonté devenue docile aux appels de Dieu. C’est la vraie fidélité au réel ou le présent éternel.
La prière est présence ou attention intérieure. C’est une attitude de l’être.
A la présence sont sous jacents la foi et l’amour.
L’EXPERIENCE SPIRITUELLE
Au-delà de son activité quotidienne, des soucis multiples, des épreuves lourdes et cruelles, au-delà des turpitudes et des fascinations du monde, au-delà des satisfactions matérielles, des réussites professionnelles, des promotions sociales, au-delà des fausses réponses des idéologies régnantes, l’homme aspire à autre chose. Répondant à un lointain et mystérieux appel enfoui dans son passé, il cherche…..Quoi ? Il ne le sait pas au juste mais il voit s’évanouir ses raisons de vivre, il se sent comme étranger parmi les siens ; il n’est plus conforté par un savoir dont il a pu jadis être fier ; il n’est plus assuré par ses certitudes antérieures ; il ne voit qu’un horizon sans perspectives et même si on lui a enseigné Dieu, ce Dieu des théories ne lui est d’aucun secours. Ses affections elles-mêmes lui paraissent limitées, sans force créatrice, facilement égoïstes, faussement généreuses ; essaie-t-il de les dépasser ? Il se durcit dans un fanatisme idéologique ou il s’amollit dans un sentimentalisme diluant. Peut-il dans ce désarroi, se réfugier dans une action qui ne soit pas simple activisme ? Est-il capable d’une efficacité ignorante d’elle-même et si peu calculée qu’elle illustre le commandement de Jésus « Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » ? C’est la nuit, la nuit sans étoiles.
Alors que l’homme n’est plus que ce vide, ce désarroi, il peut être le lieu d’une expérience soudaine qui lui fait entrevoir en un instant d’éternité, comme une véritable révélation, le sens et la consistance de sa propre vie et de la condition humaine. Cette lucidité reçue et transparente comme une eau vive comble et affine tous ses sens ; elle illumine son esprit et embrase son cœur ; elle envahit tout son être d’ondes bienfaisantes : c’est une annonciation spirituelle, la première rencontre fulgurante de Dieu. Ses facultés en ont été tellement saisies, rassasiées, transfigurées un temps, qu’elles ne peuvent pas ne pas la chercher à nouveau sans relâche. Cette « annonciation » a permis à l’homme de pressentir le visage de son Dieu, Père, de goûter les bienfaits de la divine Présence et du souverain bien.
La vie a pris d ‘un coup une autre direction, une profondeur autre, une intensité plus réelle : un seuil est franchi ( n’est ce pas cela « la porte étroite » ?) qui sera pour l’homme un point de non-retour. Désormais cette expérience initiale, surtout si elle est soutenue par une paternité spirituelle, deviendra référence, une sorte d’appel du passé qui se projette dans l’avenir comme un but à atteindre. L’homme, à la recherche de cette réalité extraordinaire un instant entrevue, passe de l’extérieur à l’intérieur de lui-même. Il « sait » par évidence indémontrable, sur quel rocher inébranlable il va bâtir sa maison : « la pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n’a pas croulé : c’est qu’elle avait été fondée sur le roc » (Mat, 7/25). L’expérience lui a fait connaître Celui qu’il cherche. Ce sera son secret désormais car nul mot, nulle image, nulle musique ne peuvent le cerner, encore moins l’expliciter.
Une telle expérience n’est nullement donnée en fonction d’une dignité morale car personne n’est digne de faire ainsi l’objet d’une aussi insigne visite de l’ineffable. On doit rendre grâce « qu’une si grande richesse se soit mise dans une telle indigence » ( Thomas 29). Dieu se donne à des hommes pêcheurs, mutilés et limités de toutes parts. C’est le signe permanent de sa miséricorde et de sa bonté, la preuve que s’il daigne se donner à de tels hommes, Il peut se donner à tous. Et chaque fois les incrédules diront comme Nathanaël de Jésus, le sans péché, « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bien ? » ( Jean 1/46)
La « Renaissance spirituelle » fait sortir l’homme de la nuit sans étoiles dans laquelle il s’est débattu longuement et douloureusement. Est-ce à dire qu’une fois « la porte étroite » franchie, il restera toujours dans la lumière ? Ce serait méconnaître et sa pesanteur et les tentations sans cesse renouvelées du monde, « le retour de l’esprit impur qui, après avoir erré en des lieux arides s’en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui qui reviennent habiter l’homme » ( Luc 11/24-26). Ainsi, aux temps de lumière succèdent des temps de nuit car « les hommes préfèrent les ténèbres à la lumière » ( Jean «3/19), pour sauvegarder leurs faux-moi et défendre leurs personnages : mais peu à peu, douloureusement, s’opère une mystérieuse alchimie qui décape l’homme, le dénude et fait émerger son véritable « je ».
( voir La hache et le Missel pages 67 à 69 .)
La conversion qui évoque des retournements célèbres de vie, des évènements politiques de première grandeur et quelquefois des drames douloureux, recouvre des réalités si différentes qu’il est utile d’en préciser le contenu et de tenter de définir ce qu’est la véritable conversion.
L’alignement sur des comportements conformes aux lois communes, favorisé par la pression collective et les connivences internes, pour intéressant qu’il soit et hautement respectable, n’est pas une véritable conversion : il se situe uniquement au plan moral, même s’il survient après des années de vie dissolue, même s’il s’accompagne d’une « entrée en religion », de la fondation d’un ordre, même s’il provoque une dure ascèse et une vie très strictement réglée.
On appelle faussement conversion le passage d’une idéologie à une autre. Le plus souvent d’ailleurs ces conversions, surtout quand elles sont collectives, sont obtenues par la force, par des pressions cruelles ou feutrées, des comportements démagogiques et paternalistes qui violent la liberté de l’homme. Elles broient ce qui, en lui, est irréductiblement personnel et unique tout en n’atteignant que les zones de son faire. Sur ces fausses conversions dont nous portons toujours la honte brûlante, nous ne nous appesantirons pas et n’en citerons aucune.
La vraie conversion est celle qui permet à l’homme de quitter le registre de l’idéologie pour suivre la voie de l’intériorité et atteindre sa dimension spirituelle, celle qui le fait passer du plan des idées à celui de l’adhésion à un Vivant, au Dieu vivant en la personne de Jésus de Nazareth ( ex : l’aveugle né). C’est un changement qualitatif d’état et d’espace intérieurs.
( document retrouvé dans les archives du Père Frédo)
L’annonciation spirituelle se situe en un point tellement central de l’être qu’aucun recul ne permet de l’appréhender. C’est une réalité irréductible à l’intelligence spéculative à laquelle elle reste étrangère mais qui s’enracine dans l’instinct et la sensibilité ; elle concerne tout l’homme dont les sens sont à la fois affinés et comblés, dont l’esprit est illuminé, dont le cœur est embrasé, dont tout l’être est parcouru d’ondes bienfaisantes par la première rencontre éblouissante et fugitive de Dieu.
L’ANNIVERSAIRE DU DECES DU PERE FREDO
Une messe aura lieu le samedi 6 juin 2009, à 11H00, en l’église du Donzeil.
Cette célébration sera suivie comme à l’accoutumée d’une Assemblée Générale de notre Association.
Merci de retenir dès à présent cette date.
Nous vous informons que le site internet de l’association est accessible depuis le mois d’octobre 2008. Son titre est :
« Frédo Bourdier en Limousin, chemin spirituel à la lumière de l’Evangile ».
Adresse internet du site : http://lesamisdefredo.com/
Ce site est en cours de conception et d’évolution. Par ailleurs, nous avons eu l’autorisation de publier en ligne le livre de Frédo : « Chemin de vie » qui est sorti en 1972 et qui est épuisé chez l’éditeur.
